Suivez mes commentaires sur l'actualité de la justice et des barreaux

  • Le forain

    Le forain, par Michel Claise, éditions Luce Wilquin, 2008, 222 p., 19€.

    « La criminalité financière, Mesdames et Messieurs, est la métastase de notre société moderne ».

    Pourquoi vous parler aujourd’hui de ce roman policier (au sens propre du terme), paru il y a près de dix ans ? Bon, d’abord parce que je viens seulement de le lire. Mais aussi parce qu’il est peut-être plus actuel que jamais.

    C’est l’histoire d’un petit escroc, plutôt doué, belle gueule, quadrilingue, ancien para, issu de parents modestes, malin voire intelligent, travailleur, d’abord honnête puis dégoutté par une faillite injuste, et alors tenté par l’argent facile, surtout qu’il s’accompagne d’une jolie Greta. Un bête incident. Une rixe dans un bar. Et comme l’agresseur est vraiment agressif, un coup de défense mortel part tout seul, ou presque. En prison, on rencontre des gens sympathiques : un avocat rayé et un ancien légionnaire avec une sœur qui en a bavé, par exemple. Tourne le carrousel.

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  • Vacances obligatoires en famille

    Vacances obligatoies en famille, par Valentine de le Court, éditions Mols, 2015, 174 p. 18,9€.

    Ainsi font, font, font, les petites marionnettes… Il y a une maman, ses trois filles, ses trois petites-filles. Et aussi quelques hommes : un papa débonnaire et les chevaliers servants de ces dames : les pièces rapportées… Tout ce petit monde est réuni pour une semaine de vacances en Provence, près d’Avignon. La joie et l’exaspération d’être ensemble. Des caprices d’enfants gâtés. Des chamailleries. Des monologues croisés. Plus d’amour que de haine. Puis apparaissent des fissures cachées. Et la fête vire au drame...

  • Thierry Papart

    Vendredi 19 août 2016. Il est 11.45. Je sors d’une réunion à Bruxelles. Elle m’a empêché d’assister à la messe de funérailles de Thierry. Jean-Pierre Buyle me propose de l’accompagner au Conservatoire de Bruxelles. Anaïs Cassiers y donne un court récital de piano. Je ne la connais pas. Soit.
    Elle entre en scène. Elle est toute de blanc vêtue. Comme hier, Laure et Solène, les deux filles de Thierry, quand nous lui avons rendu une dernière visite. Anaïs à l’âge de Solène mais, du fond de la salle, c’est plutôt à Laure qu’elle me fait penser. J’ignore à ce moment que, dans l’église de Desnié, Laure, précisément, est en train de jouer du piano pour son papa.
    Anaïs entame une nocturne de Chopin. C’est joli, c’est doux, un peu mélancolique, comme la vue champêtre que l’on a de la terrasse de la maison de Thierry.
    Thierry qui fut le condisciple de mon épouse Véronique, sur les bancs de la faculté de droit.
    Thierry qui fut un brillant avocat, stagiaire de Michel Franchimont, complice de François Piedbœuf.
    Thierry que j’entends encore jongler avec les mots à la revue du Jeune barreau.
    Thierry devenu magistrat, qui jugeait avec sûreté, rapidement, sans arriéré.
    Thierry, l’auteur de doctrine, qui publiait sur le bail, sur le droit de la circulation routière, des assurances, de la réparation du préjudice corporel.

  • Les Ordres d'avocats : nouveaux acteurs politiques ?

    Les éditions Bruylant publient un ouvrage collectif : "Les juges décideurs politiques ?", "Essais sur le pouvoir politique des juges dans l'exercice de leurs fonctions", sous la direction de Geoffry Grandjean et Jonathan Wildemeersch.

    Préfacé par Paul Martens,cet ouvrage contient plusieurs contributions, dont une que j'ai rédigée avec la collaboration de Laurence de Zutter, sous le titre "Les Ordres d'avocats : nouveaux acteurs politiques ?"

  • Egypte : AVOCATS.BE dénonce l'emprisonnement de plusieurs avocats, dont Me Malek Adly

    Quelques semaines après la libération de Me Mahienour el-Massry, prix Ludovic Trarieux 2014, plusieurs avocats sont toujours emprisonnés en Egypte. AVOCATS.BE d'adresse au président de la République Egyptienne pour réclamer leur libération et particulièrement celle de Me Malek Adly

  • Burundi : AVOCATS.BE dénonce la demande de radiation de 4 avocats qui ont accepté de participer au rapport du Comité contre la torture de l'ONU

    Burundi : Maître Armel Nyongere, Lambert Nigarura, Dieudonné Bashirahishize et Vitale Nschimirimana ont accepté de répondre aux question du Comité contre la torture de l'ONU. La réaction du Procureur général a été de solliciter de l'Ordre des avocats qu'il les radie. AVOCATS.BE dénonce cet excès de pouvoir manifeste et rappelle la protection à laquelle les avocats ont droit.

  • J’ai des soldats sous mes ordres – Deux mystères évangéliques

    J’ai des soldats sous mes ordres – Deux mystères évangéliques, par François Sureau, Paris, éditions Salvator, 192 pages, 18 €.

     

    « La justice est-elle moins violée quand on la refuse à un seul homme plutôt qu’à deux mille ? Nos maîtres en philosophie ne nous ont-ils pas appris à préférer la justice à tout, fût-ce au prix du ciel s’écroulant sur nos têtes ? »

    Que serait-il advenu si Ponce Pilate avait su ? Qu’en livrant Jésus de Nazareth au sanhédrin, il permettrait à une vague immense de se soulever, qui balaierait l’empire romain, qui serait cause de tant de morts, tant de massacres, tant de guerres, qui ferait émerger un monde nouveau ? Mais pouvait-il échapper à son destin ? Et si même, qui dit que notre monde eût été différent ? Ce Pilate aurait-il pu sauver l’amour ?

    François Sureau, dont j’ai déjà rendu compte, dans ces colonnes, du fulgurant Le chemin des morts, nous livre deux réflexions ignaciennes sur le monde, la foi, la connaissance. Prenant pour point de départ un récit de Roger Caillois consacré à Ponce Pilate, il revient sur une des mythes les plus puissants de notre histoire.

  • Ceci n'est pas un testament...

    C’est donc la dernière fois que le plaisir m’est donné de m’adresser à vous en ma qualité de président d’AVOCATS.BE.

    Alors que nous sommes toujours dans l’euphorie d’un retentissant succès de nos diables.

    Alors que nous titubons toujours sous le coup du Brexit.

    Nous oublierons vite le premier, en espérant bien sûr qu’il soit suivi d’autres.

    Mais nous ne pourrons oublier le second. Un ami me disait : c’est comme la chute du mur de Berlin, mais à l’envers ! Comme dans Le seigneur des anneaux, un mal diffus s’est réveillé, fait de populisme, de nationalisme, de souverainisme, de démagogie, de xénophobie, de repli et de haine. Il semble s’insinuer dans toute l’Europe, des rives du Bosphore jusqu’au nord d’Albion. Et même bien au-delà…

    Il va falloir nous unir, les hommes, les nains, les elfes, les hobbits et les magiciens, si nous voulons contrer ce mal renaissant. Faire preuve de générosité, d’engagement, de lucidité, de combativité. Lever la tête du bout de nos pantoufles et regarder la ligne d’horizon. Comprendre que ce dont nous avons besoin ce n’est pas moins d’Europe mais plus d’Europe. Et surtout, d'une Europe plus en prise avec ses citoyens. D'une Europe plus sociale et plus juste.

    « Tout ce que nous avons à décider, c’est quoi faire du temps qui nous est imparti », disait Gandalf.

    C’est vrai pour notre monde. C’est vrai pour notre barreau.

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